Les tensions déflationnistes en zone euro devraient pousser la BCE à agir dès décembre

Comme je l’attendais, l’indice des prix à la consommation en zone euro s’est contracté à un rythme plus marqué que ne l’anticipait le consensus. L’estimation flash du mois de septembre a mis en évidence une chute de 0,3% en rythme annuel. Si elle est confirmée, il s’agira de la deuxième contraction consécutive et la plus forte depuis avril 2016.

 

 

Même si ce repli s’explique en partie par les pressions à la baisse dans le secteur de l’énergie (-8,2% comparé à -7,8% en août), il traduit également un fléchissement de l’inflation core (hors alimentation et énergie), qui a progressé seulement de 0,2% en rythme annuel (soit le rythme de progression le plus faible jamais enregistré).

 

 

 

Ce phénomène résulte en grande partie de la baisse de la TVA en Allemagne et de la faiblesse de l’activité touristique qui impacte négativement le prix des transports (billets d’avions) mais aussi les chambres d’hôtels, la restauration etc. Dans un contexte où cette situation va perdurer et les prix du pétrole ont continué leur chute récemment, il est fort probable que l’indice des prix à la consommation reste en territoire négatif ou proche de 0 jusqu’à la fin de l’année. Cette dynamique confirme que le choc lié à la crise du coronavirus est avant tout déflationniste. Ainsi, comme l’a très bien fait remarqué Frederik Ducrozet, les dernières prévisions de la BCE (publiées en septembre) semblent déjà trop optimistes.

 

 

De même, sur le plan de la croissance, les dernières données du mois de septembre suggèrent que la reprise économique est en train de marquer le pas notamment dans le secteur des services. L’estimation flash de l’indice Markit a mis en évidence un repli marqué à 47,6, soit un chiffre en dessous du seuil d’expansion fixé à 50 et un plus bas depuis 4 mois. De même, les données à haute fréquence auxquelles j’ai accès dans le secteur de l’hospitalité ont confirmé un retournement de tendance depuis la mi-août. La mise en place de nouvelles mesures de restriction en Espagne, en France ou encore en Allemagne suggère une nouvelle détérioration de la tendance dans les semaines à venir.

 

Par conséquent, lors de la prochaine mise à jour de ses prévisions (décembre), la BCE devrait revoir en baisse ses estimations concernant la dynamique d’inflation au moins pour 2020 et pourrait également ajuster à la baisse ses perspectives de croissance. En l’absence d’un choc de confiance positif (vaccin, traitement, etc.), la BCE devrait être tentée de prendre de nouvelles mesures afin de limiter les risques déflationnistes à court terme. Concrètement, la BCE pourrait revoir son objectif d’inflation ou accroître la taille de son programme de rachats d’actifs. Ce scénario est d’autant plus probable si l’euro rebondit aux alentours de 1,20 contre le dollar, seuil à partir duquel de nombreux membres de la BCE avaient pris la parole pour tenter de contenir les pressions haussières.

 

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