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Le PIB français a rebondi au T1 2021, confirmant sa résilience

30 April, 2021
PIB français

Un chiffre supérieur aux attentes

Les chiffres publiés ce matin par l’INSEE ont confirmé que le produit intérieur brut (PIB) français a rebondi au premier trimestre 2021. La première estimation a mis en évidence une progression de l’activité de 0,4% en rythme trimestriel, un chiffre supérieur au consensus Bloomberg (0%). Cette hausse permet d’éviter une récession technique (deux contractions consécutives de l’activité) et intervient après une chute de 1,4% au T4 2020. Dans ce contexte, le PIB français se situe encore 4,4% sous son niveau du T4 2019.

La consommation des ménages a résisté mais pas les exportations

Les détails montrent que la consommation des ménages a tout de même progressé 0,3% sur le trimestre malgré les mesures de restrictions sanitaires. A ce sujet, on peut souligner que la consommation des ménages en biens a reculé de 1,1% en rythme mensuel en mars. L’INSEE a souligné que « Ce repli provient de la forte baisse des achats de biens fabriqués (–3,7 %), qui s’explique notamment par la mise en place de mesures de confinement et de fermetures des magasins « non essentiels » dans 19 départements ».

En parallèle, la formation brute de capital fixe (FBCF) a accentué sa progression (+2,2% après +1,3%) alors que le commerce extérieur a pesé sur l’activité, avec une contribution négative de 0,4 point (après +1.2 point au T4). Ce phénomène s’explique par une baisse des exportations plus rapide (-1,5%) que les importations (-0,1%). Cela souligne l’incapacité de l’économie française a tiré parti de l’accélération des échanges mondiaux à l’heure où le PIB de notre principal partenaire commercial, l’Allemagne, s’est contracté de 1,7% sur la même période.

PIB français

Vers une montée en puissance de l’activité dans les prochains mois

En termes de perspectives, on peut craindre que l’activité liée au commerce de détail continue de souffrir en avril et durant la première moitié du mois de mai. Il faut souligner que les commerces non-essentiels ne ré-ouvriront pas avant le 19 mai. De même, la fermeture des écoles durant les trois premières semaines d’avril va probablement peser sur d’autres secteurs.

Malgré ces développements négatifs, les perspectives pour juin et l’ensemble de la saison estivale semblent encourageantes. Les niveaux de réservation dans le secteur du tourisme sont élevés à période comparable. Par ailleurs, une étude récente de l’OFCE a montré qu’une partie des économies accumulées par les ménages français était de l’épargne forcée et non de l’épargne de précaution. Autrement dit, une partie du surplus d’épargne pourrait rapidement se déverser dans l’économie au moment de la ré-ouverture. C’est exactement ce que l’on observe aux Etats-Unis, en Israël et au Royaume-Uni. Enfin, concernant le plan de relance français, Bruno Le Maire a souligné lundi que « la relance française fonctionne déjà bien ». Il a également rappelé que « 30 milliards sur les 100 milliards sont déjà engagés ».

En conclusion, en prenant en compte l’acquis de croissance pour 2021 de 4,1% et l’anticipation d’un rebond extrêmement marqué au T3, je continue d’anticiper une croissance de l’ordre de 6%. Ce chiffre est supérieur à la prévision du gouvernement (5%) et celle du consensus Bloomberg (5,5%).